Une piste intéressante de diversification

Pour les voyageurs français, la Chine touristique se résume encore souvent à quelques incontournables : Pékin et la Cité interdite, Xi’an et son armée de terre cuite, Shanghai, Guilin ou encore Chengdu. Pourtant, à quelques heures de Pékin, d’autres destinations permettent de découvrir une Chine historique et culturelle d’une richesse insoupçonnée.

© Chantha Chea

Pingyao, la Chine qui a échappé au bulldozer du modernisme

Pingyao ne fait pas partie du circuit classique des villes impériales. Mais il constitue l’un des ensembles patrimoniaux les plus remarquables de Chine. Il mérite donc de faire partie de cette sélection, d’autant qu’il peut facilement s’intégrer dans ce programme de visite.

Au cœur du Shanxi, Pingyao offre aux visiteurs un visage de la Chine que l’on ne soupçonne plus guère lorsque l’on parcourt ses grandes métropoles. Derrière les gratte-ciels, les quartiers neufs et les villes entièrement remodelées par plusieurs décennies de croissance accélérée subsiste une cité historique exceptionnellement préservée.

Très fréquenté par les touristes chinois, ce village demeure encore relativement confidentiel auprès des visiteurs internationaux. Une anomalie tant Pingyao apporte un témoignage saisissant de l’histoire ancienne du pays.

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Datong constitue l’une des premières étapes de ce voyage hors des sentiers battus

La ville du Shanxi abrite notamment les grottes de Yungang, l’un des grands ensembles de sculptures bouddhiques de Chine, ainsi que le célèbre monastère suspendu, construit à flanc de montagne. Deux sites spectaculaires qui restent encore peu présents dans les circuits proposés au marché français.

Sur place, le contraste est frappant. Les sites si les sites sont fréquentés par les visiteurs chinois, particulièrement pendant les vacances d’été, les touristes étrangers restent minoritaires. Datong apparaît ainsi comme une destination déjà très populaire auprès de la clientèle domestique, mais encore à développer auprès des marchés internationaux.

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Shaolin, bien au-delà du kung-fu

En poursuivant vers le Henan, Dengfeng et le monastère de Shaolin constituent une autre étape majeure. Le nom de Shaolin évoque immédiatement le kung-fu, mais le site raconte avant tout une longue histoire du bouddhisme chinois et de la culture monastique.

Le monastère, installé au pied du mont Song, est associé depuis des siècles à la tradition du bouddhisme Chan et aux arts martiaux. La visite permet également de découvrir la forêt des pagodes, où sont enterrés de nombreux moines.

Là encore, l’expérience touristique est très largement dominée par la clientèle chinoise. Pour un visiteur européen, cette immersion constitue précisément l’un des intérêts du voyage : on découvre une Chine fréquentée et vécue par les Chinois eux-mêmes, plutôt qu’une destination organisée uniquement pour les visiteurs internationaux.

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Luoyang et les grottes de Longmen

Dans cette même idée, Luoyang offre une autre plongée dans l’histoire impériale chinoise. La ville fut l’une des anciennes capitales de la Chine et conserve notamment les extraordinaires grottes de Longmen.

Le long de la rivière Yi, des milliers de statues et de représentations bouddhiques ont été sculptées directement dans les falaises. Le site constitue l’un des grands chefs-d’œuvre de l’art bouddhique chinois et figure au patrimoine mondial de l’Unesco.

Pour les professionnels du tourisme, cette succession Datong-Shaolin-Longmen présente un intérêt évident : elle permet de construire un itinéraire culturel cohérent, tout en évitant de multiplier les vols intérieurs.

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Hongcun, autre visage de la Chine

Le voyage peut ensuite prendre une dimension totalement différente avec Hongcun, dans l’Anhui. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ce village traditionnel est célèbre pour ses maisons anciennes aux murs blancs et aux toits noirs, ses canaux et son organisation architecturale.

Hongcun permet de passer de la Chine impériale et religieuse à une Chine rurale et patrimoniale, particulièrement photogénique. À proximité, le massif de Huangshan offre enfin un spectaculaire décor montagneux.

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Une Chine à mieux faire connaître

L’intérêt de cet itinéraire tient précisément à sa diversité : grottes bouddhiques, monastères, anciennes capitales impériales, villages traditionnels et paysages de montagne. En quelques étapes, le voyageur découvre plusieurs facettes de la civilisation chinoise.

Pour le marché français, le potentiel semble réel. Xi’an attire déjà de nombreux visiteurs européens grâce à son armée de terre cuite, mais la ville s’honore de nombre de curiosités a visiter qui valent le détour.

Datong, Dengfeng ou Luoyang restent en revanche beaucoup moins identifiées, alors même que leur patrimoine est exceptionnel.

La Chine pourrait donc avoir intérêt à davantage mettre en avant ces destinations auprès des professionnels et des voyageurs européens. Pour les agences de voyages et les tour-opérateurs, elles offrent surtout la possibilité de construire des circuits plus différenciant, loin des itinéraires devenus classiques.

Et paradoxalement, le fait de croiser très peu de touristes étrangers sur place constitue aujourd’hui l’un des arguments les plus séduisants : une Chine authentique, fréquentée par les voyageurs chinois, mais encore largement à découvrir par les Européens.

A suivre les reportages pour ces sites emblématiques, avec les recommandations et les particularités adaptés pour chacun d’entre eux.